L’essentiel

Rassemblez vos documents par année et par émetteur : T4 et relevé 1 pour un emploi, pièces de placements et de prestations, reçus admissibles et justificatifs étrangers. Le préremplissage ne remplace pas cet inventaire. Un revenu sans feuillet reste à examiner ; un feuillet corrigé ne doit pas être additionné à l’ancienne version.

01Quels documents demander selon votre situation ?

Le T4 est un feuillet fédéral de rémunération ; le relevé 1 est un document québécois distinct. Pour chaque employeur de l’année, cherchez les deux lorsqu’ils s’appliquent. Un ancien emploi de quelques semaines compte dans l’inventaire. N’effacez pas un écart entre feuillets sans avoir identifié sa cause.

Le tableau suivant est une liste de travail, pas une promesse de déduction. Les prestations, placements et études peuvent produire plusieurs documents. Le relevé 31 concerne notamment la composante logement du crédit pour solidarité ; ce n’est pas un reçu rendant le loyer intégralement déductible.

Documents à regrouper
SituationPièces à rechercherContrôle pratique
EmploiT4, relevé 1, dernier talon de paieEmployeur, année, original ou modifié
PlacementsRelevé 3, feuillets applicables et relevés bancairesIntérêts, dividendes et ventes distingués
Prestations parentalesRelevé 6 et documents fiscaux du payeurPériode et retenues
ÉtudesRelevé 8 et reçus de scolarité ou d’examenPersonne concernée et nature de la dépense
Garde d’enfantsRelevé 24 et reçus pertinentsEnfant, fournisseur, montant payé
Location du logementRelevé 31, si applicableAdresse et situation au 31 décembre
Dons et santéReçus et remboursements d’assurancePart réellement supportée et dates

02T4 ou relevé manquant : que faire concrètement ?

L’ARC indique que la plupart des T4, T4A et T5 arrivent avant la fin février ; certains documents, notamment T3, NR4 et T5013, peuvent arriver à la fin mars. Commencez par l’émetteur, puis consultez votre dossier fiscal : l’ARC ne peut montrer un feuillet qu’après sa réception.

Si le document ne peut être obtenu avant l’échéance, l’ARC permet d’estimer à partir des talons de paie ou autres états. Une déclaration papier doit être accompagnée des copies et d’une note indiquant notamment l’émetteur et les démarches effectuées. Pour un envoi électronique, gardez les preuves pour une demande ultérieure. Au Québec, la ligne 101 prévoit aussi l’estimation des revenus bruts et retenues lorsqu’un relevé 1 ne peut être obtenu.

Exemple de rapprochement original : vos deux derniers talons indiquent un cumul annuel de 28 400 $ puis de 30 000 $. Le revenu cumulé à examiner est 30 000 $, pas 58 400 $. Additionner des cumuls répète les mêmes paies. Contrôlez aussi les éventuelles corrections ultérieures et distinguez brut, retenues et dépôt net.

Note de suivi proposée : « Employeur X, année N ; copie demandée le [date] ; estimation fondée sur [pièces] ; revenu brut [montant] ; retenues ventilées [montants] ; point encore incertain [description]. » Cela rend le calcul révisable lorsque le document définitif arrive.

03Revenus français : conserver le brut et la période

Pour chaque salaire, pension, loyer ou revenu de placement français, conservez le document d’origine, la devise, le montant brut et l’impôt éventuellement prélevé. Ajoutez la période concernée et les dates de paiement. Le montant net transféré sur un compte canadien ne raconte pas à lui seul ce qui a été gagné.

Notre tableau de travail comporte huit colonnes : payeur, nature, période, brut en euros, impôt étranger, taux retenu, brut en dollars canadiens et justificatif. Une colonne supplémentaire signale la période de résidence. Gardez l’impôt séparé du revenu : son traitement dépend de la situation et des mécanismes contre la double imposition.

Pour un bien vendu, ajoutez date et prix de vente, frais, coût et justificatifs de valeur à l’arrivée si pertinents. Pour une location, gardez les dépenses séparées par nature. N’envoyez pas au préparateur une seule ligne « revenus France » mélangeant salaires, loyers et retrait d’épargne.

04Convertir des euros en dollars canadiens sans perdre la preuve

Revenu Québec demande la déclaration en dollars canadiens des sommes gagnées en monnaie étrangère. Il permet le taux annuel moyen lorsque les sommes s’échelonnent sur toute l’année. Pour une opération ponctuelle ou une période partielle, ne transposez pas automatiquement cette moyenne : retenez la méthode applicable et gardez son origine.

Exemple purement arithmétique, avec un taux fictif de 1 € = 1,50 $ CA : 200 € d’intérêts donnent 300 $ CA. Un impôt étranger de 20 € correspond séparément à 30 $ CA avec ce même taux d’illustration. Ne saisissez pas uniquement 270 $ comme revenu parce que vous avez soustrait l’impôt.

Inscrivez le sens du taux dans votre feuille. Si le taux exprime des dollars canadiens par euro, multipliez les euros. S’il exprime des euros par dollar canadien, le calcul est inversé. Un exemple de contrôle simple : avec le taux fictif ci-dessus, 100 € doivent donner 150 $ CA, pas 66,67 $.

05Biens étrangers : T1135 et formulaire québécois

Le T1135 fédéral vise, sous conditions, les biens étrangers déterminés dont le coût total dépasse 100 000 $ CA à un moment de l’année. L’ARC exempte le particulier pour l’année où il devient résident du Canada pour la première fois. Cette dispense du formulaire ne dispense pas de déclarer les revenus étrangers imposables.

Au Québec, à compter de l’année d’imposition 2025, le formulaire TP-1079.8.BE concerne les biens étrangers désignés dépassant également 100 000 $ CA de coût total à un moment de l’année. L’instruction de la ligne 25 pour 2025 exempte les personnes devenues résidentes du Canada cette année-là. Utilisez la version du formulaire et les instructions correspondant à l’année traitée.

Le seuil ne s’apprécie pas compte par compte. Exemple de calcul de dossier : deux catégories de biens entrant dans le champ du formulaire, détenus simultanément, de coûts respectifs de 70 000 $ et 40 000 $, totalisent 110 000 $. Aucun n’atteint seul le seuil, mais leur total le dépasse. À l’inverse, tout bien situé en France n’entre pas automatiquement dans cette catégorie : l’usage personnel, les exclusions et les règles d’évaluation doivent être examinés.

Préparez un inventaire avec pays, propriétaire, nature du bien, coût fiscal, revenus et dates. Ne remplacez pas le coût fiscal par le solde du 31 décembre sans analyse. Joignez les documents de l’arrivée : l’exemption d’une année ne supprime pas l’utilité des preuves pour les suivantes.

06Que transmettre et combien de temps conserver ?

Ne joignez pas indistinctement toutes les pièces à une déclaration. Revenu Québec indique que plusieurs relevés et reçus doivent être conservés plutôt que transmis systématiquement ; des annexes ou instructions particulières peuvent cependant imposer un envoi. La présence d’un document dans votre dossier ne signifie donc pas qu’il doit être joint.

L’ARC demande au moins six ans de conservation des documents fiscaux, même après un envoi en ligne. Gardez aussi déclarations et avis de cotisation. Le point de départ et certaines exceptions comptent : déclaration tardive, différend en cours, demande administrative ou preuve d’un coût utile à une vente future peuvent imposer une conservation plus longue.

Classement conseillé : un dossier « pièces », un dossier « calculs », un dossier « transmis » et un dossier « avis et correspondance ». Gardez les versions modifiées clairement identifiées. Une sauvegarde indépendante évite de perdre la seule copie après fermeture d’un compte employeur ou changement de banque.

07Contrôle final avant de remettre le dossier

Faites une vérification par émetteur plutôt qu’en comptant seulement les PDF. Dix documents peuvent concerner une seule banque et laisser manquer un employeur. Notre contrôle final consiste à rapprocher la liste des activités de l’année avec les pièces reçues, puis chaque total saisi avec son justificatif.

Exemple : trois employeurs, une banque canadienne et un compte français donnent cinq lignes d’émetteurs à contrôler. Un feuillet modifié reste sur la même ligne que l’original, avec l’ancienne version marquée « remplacée ». Après transmission, ajoutez la confirmation fédérale et celle du Québec, puis les avis correspondants.

  • Année, identité et dates de résidence cohérentes.
  • Tous les émetteurs recensés, même pour un revenu faible ou étranger.
  • Aucune addition d’un original et de sa version modifiée.
  • Conversions reproductibles et retenues distinctes des revenus bruts.
  • Pièces manquantes et estimations expliquées par écrit.
  • Copies finales récupérées auprès du préparateur.

Questions fréquentes

Le relevé 1 est-il un doublon du T4 ?

Non. Ils relèvent de deux administrations et peuvent refléter des traitements fiscaux différents. Classez-les ensemble par employeur, mais saisissez-les selon les instructions du logiciel ou des formulaires.

Un revenu absent du préremplissage est-il à ignorer ?

Non. Vérifiez votre inventaire personnel. Les revenus étrangers, documents tardifs ou corrections peuvent manquer ; le préremplissage ne constitue pas un relevé exhaustif de votre année.

Le seuil de 100 000 $ concerne-t-il chaque compte français ?

Non. L’examen porte sur le total des biens entrant dans le champ du formulaire, selon leur coût fiscal et les règles applicables. Le T1135 et le formulaire québécois doivent être examinés séparément.

Faut-il conserver les documents après un dépôt électronique ?

Oui. L’envoi électronique ne supprime pas les obligations de conservation. Gardez les preuves, calculs, déclarations effectivement transmises et avis ; ne détruisez pas automatiquement les pièces utiles à des années futures.

Pour vérifier et approfondir

Sources et ressources

Consultez l’organisme concerné pour confirmer les conditions de votre situation.

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