L’essentiel
La médiation permet de chercher un accord avec une personne neutre qui organise les échanges. Elle ne décide pas qui gagne. Pour qu’une séance soit utile, préparez les faits, plusieurs solutions possibles et les conditions concrètes de leur exécution. Participer à une médiation n’oblige pas à accepter une proposition.
01Choisir le cadre qui correspond au différend
La médiation peut intervenir avant une poursuite ou pendant une procédure. Elle est généralement convenue entre les parties, mais certains contrats et parcours judiciaires imposent la participation. Ce guide traite surtout des conflits citoyens, civils et commerciaux ; séparation, divorce et garde des enfants relèvent du cadre distinct de la médiation familiale.
| Différend | Service à envisager | À préciser dès le contact |
|---|---|---|
| Bruit, neige, animaux ou relations de voisinage | Médiation citoyenne du territoire | Personnes concernées et difficulté concrète |
| Contrat, travaux, succession ou relations commerciales | Médiateur civil du domaine | Documents, montant et procédure déjà engagée |
| Demande ouverte aux petites créances | Parcours du palais de justice | Numéro de dossier et avis reçus |
| Séparation ou garde d’enfant | Médiation familiale | Cadre spécifique, distinct de ce guide |
02Ce que fait le médiateur et ce qu’il ne remplace pas
Le médiateur dirige les échanges, aide à clarifier les besoins et explore les solutions sans prendre parti. Il ne donne pas de jugement ni de conseil juridique personnel ; il peut recommander de consulter un avocat et mettre fin au processus si nécessaire. Vous restez responsable de ce que vous acceptez.
Cette distinction est importante lorsque les deux personnes souhaitent « savoir qui a raison ». La médiation peut permettre un accord pratique même si leurs interprétations restent différentes. Si vous avez besoin de connaître la solidité d’un recours ou la portée d’une renonciation, obtenez un avis distinct avant de vous engager.
Exemple : un entrepreneur conteste une malfaçon, tandis que le client souhaite surtout une réparation rapide. Le médiateur peut aider à comparer intervention corrective, remboursement partiel ou recours à un tiers. Il ne transforme pas une proposition en diagnostic technique ni ne garantit qu’elle respecte à elle seule tous les droits de chaque partie.
03Médiation gratuite ou privée : savoir ce que vous payez
La médiation citoyenne est gratuite. Justice Québec oriente vers Équijustice et l’Association regroupant des organismes de justice alternative, l’ASSOJAQ. Elle convient notamment aux conflits de proximité, mais ne remplace pas la médiation familiale pour séparation ou garde. Contactez le service territorial avec un résumé du conflit.
En médiation privée, les coûts sont normalement partagés également, sauf entente ou décision différente. Ils peuvent comprendre honoraires, administration, déplacements ou salle. Vos propres frais de conseil juridique et dépenses personnelles ne sont pas automatiquement partagés. L’homologation d’une entente peut ajouter des frais judiciaires.
Exemple purement budgétaire, sans prétendre indiquer un tarif du marché : un devis mentionne trois heures à 220 $ et 80 $ de frais, soit 740 $ avant taxes éventuelles. À parts égales, chaque partie prévoit 370 $. Une heure de préparation facturée en plus porterait le total à 960 $, soit 480 $ chacune. Demandez donc si préparation et rédaction sont incluses.
Avant l’accord de service, posez quatre questions : quelle unité est facturée, quel plafond est autorisé, qui approuve du temps supplémentaire et que se passe-t-il en cas d’annulation ? Un taux horaire seul ne permet pas de connaître le coût d’une démarche.
04Préparer une page de faits et une page de solutions
La première page reprend les dates et pièces essentielles. Pour un contrat : accord, paiement, prestation attendue, problème et échanges. La seconde décrit vos besoins et options. Vous pourrez ainsi expliquer le différend sans passer toute la séance à chercher une facture dans votre téléphone.
Séparez la position et le besoin. Position : « Je veux 1 800 $ ». Besoin possible : financer une réparation, obtenir un remboursement rapide ou terminer des travaux. La somme reste importante, mais comprendre le besoin permet d’évaluer plusieurs combinaisons de paiement et d’action.
Exemple fictif : une réparation est estimée à 1 200 $ et un déplacement supplémentaire à 150 $. Vous préparez trois options : prise en charge de la réparation avec date ferme ; remboursement de 1 350 $ ; remboursement partiel associé à une intervention précise. Le médiateur n’a pas à inventer les devis ou vérifier à votre place qu’une entreprise sera disponible.
Pour chaque option, écrivez ce qui doit être confirmé avant signature : personne responsable, accès au lieu, devis, disponibilité du tiers et date limite. Ne promettez pas une intervention d’un voisin, d’un assureur ou d’un professionnel absent sans son accord.
05Une invitation simple et un premier échange utile
Pour une démarche volontaire, proposez un processus plutôt qu’un résultat imposé. Exemple de message : « Nous n’avons pas réussi à régler le désaccord sur [sujet]. Je propose de contacter ensemble un service de médiation pour examiner des solutions. Nous pourrions transmettre chacun un résumé et connaître les conditions avant de décider. Seriez-vous disponible pour ce premier contact ? »
Si l’autre personne accepte, convenez du service et demandez comment se déroule l’entretien préalable. Si elle refuse, gardez une trace factuelle de la réponse et examinez les autres options ; une invitation répétée sur tous les canaux ne remplace pas son accord. Dans un cadre obligatoire, suivez plutôt les avis et procédures reçus.
Préparez une ouverture de séance courte : « Voici ce qui s’est passé, voici l’effet concret pour moi et voici ce que je souhaite résoudre aujourd’hui ». Une présentation de deux minutes laisse davantage de place aux solutions qu’une lecture de tous les messages depuis le début du conflit.
06Confidentialité et participation libre : préciser le cadre
Le processus de médiation est confidentiel, mais demandez au départ les règles applicables, leurs limites et ce qui sera conservé. Faites préciser le traitement des documents, des échanges séparés et du compte rendu. Ne supposez pas qu’une pièce préexistante perd automatiquement toute utilisation possible parce que vous l’apportez en séance.
Signalez avant la rencontre une intimidation, une ordonnance limitant les contacts ou un problème empêchant de parler librement. Demandez au médiateur d’évaluer si le processus est adapté, et quels aménagements seraient possibles. Un échange à distance n’efface pas à lui seul un rapport de contrainte.
Vous pouvez préparer des phrases pour demander une pause : « J’ai besoin de vérifier ce montant avant de répondre », « Je souhaite un avis sur cette clause » ou « Je ne suis pas en mesure d’accepter aujourd’hui ». Une proposition importante mérite une compréhension réelle ; l’heure de fin de la séance ne doit pas devenir votre seul motif de signature.
07Si le dossier est aux petites créances
Pour une demande déposée et contestée de 5 000 $ ou moins, la médiation est obligatoire sauf exclusions ou exemption. Au-delà, elle est volontaire. Jusqu’à trois heures sont financées par le ministère. Ne vous absentez pas simplement parce que vous ne souhaitez pas d’accord ; utilisez la procédure prévue si un motif sérieux empêche votre participation.
Après un échec de médiation, le dossier admissible peut passer automatiquement en arbitrage. Ce dernier est un processus de décision. Notre guide petites créances détaille les avis et le délai pour le refuser lorsque cette option s’applique. Conservez un calendrier séparé pour les obligations du tribunal.
Si une autre procédure est en cours, demandez explicitement ce que la médiation change à son calendrier. N’en déduisez pas vous-même une suspension de tous les délais. Exemple : « Une réponse est attendue le [date]. Qui confirme si cette échéance est maintenue et quelle démarche faut-il faire pendant nos échanges ? »
08Écrire une entente que chacun peut appliquer
Une formule comme « les parties vont faire le nécessaire » laisse le problème ouvert. Une entente utile identifie les personnes, l’action, le montant, la date, la preuve d’exécution et le traitement d’un retard. Relisez les engagements réciproques et toute quittance, en distinguant ce qui sera réglé de ce qui reste expressément ouvert.
| Point | Précision à convenir |
|---|---|
| Montant | 900 $ au total, avec définition de ce que ce paiement règle |
| Échéances | Trois versements de 300 $ à des dates écrites |
| Canal | Moyen de paiement et destinataire identifiés |
| Preuve | Confirmation après chaque paiement |
| Difficulté | Personne à prévenir, délai et suite en cas de non-respect |
| Clôture | Confirmation du solde après le dernier versement |
09Résumé, convention et exécution : ne pas les confondre
Le résumé du médiateur consigne les points d’accord ; il n’est pas automatiquement un jugement exécutoire. Justice Québec distingue ce résumé de la convention pouvant être présentée au tribunal pour homologation. Un avocat ou un notaire peut être nécessaire pour rédiger le document adapté et préciser ses effets.
Avant de signer, demandez : « Ce document est-il un résumé ou une entente qui m’engage ? Quelles démarches permettront d’en obtenir l’exécution si elle n’est pas respectée ? » Ne présumez ni qu’une signature est sans conséquence, ni qu’un compte rendu permet immédiatement une saisie.
Après l’accord fictif de 900 $, deux paiements de 300 $ laissent 300 $ à recevoir. Gardez les confirmations et reprenez les modalités convenues si une échéance manque. Sans accord, identifiez la prochaine voie possible et son délai ; la séance aura au moins permis de clarifier les désaccords, sans supprimer les autres obligations du dossier.
Questions fréquentes
Le médiateur peut-il imposer un compromis ?
Non. Il organise le processus ; l’accord dépend des parties.
La médiation citoyenne est-elle payante ?
Le service présenté par Justice Québec est gratuit. Les médiations privées ont leurs propres honoraires.
Un résumé de séance suffit-il pour faire exécuter l’accord ?
Pas automatiquement. Faites distinguer résumé, convention et éventuelle homologation avant de considérer l’entente comme un titre exécutoire.
Pour vérifier et approfondir
Sources et ressources
Consultez l’organisme concerné pour confirmer les conditions de votre situation.
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